Un cahier des charges logo tient en 2 à 3 pages et se remplit en 1 h 30 à 2 h : ce document fixe le devis, le nombre de pistes et d'allers-retours. Les modèles en ligne oublient la rubrique refonte, le périmètre de la charte, les fichiers à exiger et la cession écrite des droits, sans laquelle un logo payé reste à son auteur.
Les 8 rubriques d'un cahier des charges logo, avec la réponse attendue
Chaque rubrique appelle une réponse factuelle : « restauration » ne dit rien au graphiste, « burgers artisanaux bio, 40 couverts, Vannes » oriente déjà le dessin. Le tableau suit un plombier du Loiret.
N° Rubrique Question clé Réponse exploitable 1 Entreprise Que faites-vous, depuis quand, où ? Plombier depuis 2014, 3 salariés, dépannage urgent et salles de bains 2 Cible Qui doit être convaincu au premier regard ? Propriétaires de 60 à 80 ans qui appellent en urgence 3 Objectif Création, refonte ou modernisation ? Refonte : garder le nom et le bleu, abandonner la goutte d'eau 4 Valeurs et message Quelles 3 valeurs, quel message unique ? Fiabilité, rapidité, propreté ; message : intervention en 2 h 5 Concurrence Que montrent les logos de 5 à 10 concurrents ? 3 concurrents sur 5 utilisent une goutte bleue 6 Contraintes d'usage Sur quels supports, à quelle taille ? Utilitaire, tampon de 2 cm, favicon, avatar Instagram, devis PDF 7 Budget, délais, pistes Combien, pour quand, combien de propositions ? 1 500 € HT, livraison en 4 semaines, 3 pistes, 2 allers-retours 8 Périmètre charte Logo seul, mini-charte ou charte complète ? Logo, mini-charte de 4 pages, carte de visite, habillage du véhiculeLa rubrique 3 manque à la plupart des modèles. Une refonte sans consigne de conservation efface dix ans de reconnaissance : écrivez ce qui reste (nom, couleur, symbole), ce qui part et pourquoi (illisible en petit, daté, proche d'un concurrent).
La rubrique 6 conditionne la forme : un logo vu à 95 % sur mobile ou réduit sur un tampon exige un dessin simple. Joignez 3 à 5 logos aimés et 3 à 5 rejetés, avec le pourquoi.
Notre conseil : limitez la validation à 3 relecteurs et le logo à 1 ou 2 messages. Chaque avis supplémentaire ajoute un cycle de corrections.Rubriques 7 et 8 : ce qui fait le devis et ce qui déclenche un supplément
Comptez 800 à 2 000 € pour un logo chez un graphiste indépendant, 1 200 à 4 000 € avec une charte en agence ; les packs à 89 € des plateformes incluent rarement vectoriel et cession. Un projet standard dure 3 à 4 semaines : recherche en 3 à 5 jours, 2 à 3 pistes sous 5 à 7 jours, 2 à 3 itérations.
Écrivez la définition d'une correction : elle ajuste une piste validée (couleur, graisse, espacement). Changer de direction ouvre une nouvelle piste, facturée 350 € en agence, comme toute omission du brief qui alourdit le travail.
Entre un logo seul et une charte complète (zone de protection, taille minimale, typographies, papeterie, signalétique), l'écart se compte en jours de travail. Pour arbitrer, les conseils d'une agence de communications, publiés en guides sur la charte graphique et en analyses de logos de marques, aident à fixer le niveau avant le devis.
Quels livrables exiger à la livraison du logo ?
Ce qui n'est pas écrit au cahier des charges est souvent facturé à part, à commencer par les fichiers natifs.
- Vectoriel : fichier source AI, SVG pour le web (RVB), PDF vectoriel pour l'imprimeur (CMJN), EPS sur demande, textes convertis en tracés.
- Matriciel : PNG transparent en plusieurs tailles dont une d'au moins 2 000 px de large, JPG sur fond blanc, PNG carré de 1 080 × 1 080 px pour les réseaux sociaux.
- Déclinaisons : couleur, noir, blanc pour fond foncé, horizontale, verticale ou compacte, symbole seul pour le favicon (16 et 32 px) et l'avatar.
- Couleurs : références CMJN, RVB, HEX, et Pantone si l'impression utilise des tons directs.
- Typographies : nom des polices, licence d'usage commercial, fichiers si la licence l'autorise.
- Règles d'usage : zone de protection, taille minimale, fonds autorisés, usages interdits.
Cession des droits d'auteur : la clause à écrire dès le cahier des charges
Le droit d'auteur appartient au graphiste dès la création (article L111-1 du Code de la propriété intellectuelle). Payer la facture ne transfère aucun droit : l'article L131-2 exige un écrit, et l'article L131-3 impose une mention distincte pour chaque droit cédé.
Article L131-3 du CPI : le domaine d'exploitation des droits cédés doit être « délimité quant à son étendue et à sa destination, quant au lieu et quant à la durée ».Le tribunal judiciaire de Nanterre l'a rappelé le 26 novembre 2025 (RG 23/00001) : commande, paiement et usage toléré ne valent pas cession implicite. Exigez dès le brief la cession des droits de reproduction, de représentation et d'adaptation, tous supports, monde entier, pour la durée légale ; « tous droits cédés » ne suffit pas. Le texte de l'article L131-3 sur Légifrance détaille ces mentions obligatoires.
Le droit moral (article L121-1) reste incessible. Avant le dépôt de marque à l'INPI, qui protège 10 ans renouvelables (article L712-1), faites une recherche d'antériorité : la cession ne protège pas contre un signe déjà déposé.
Les 5 erreurs qui font rater un brief logo
Sans brief, un projet s'étire sur 4 à 6 semaines et 3 à 5 révisions. Avec ces 8 rubriques et la liste des livrables annexée au devis, il tient en 3 à 4 semaines et 1 à 2 révisions.